Un nouveau livre dans notre bibliothèque "Senèze: Life in Central France Around Two Million Years Ago"
700 pages - Edition Springer 2024 - En anglais
Les auteurs: Eric Delson - Martine Faure - Claude Guérin
Le site paléontologique de Senèze (Haute-Loire, centre de la France) a été découvert en 1892 à l’intérieur d’un cratère volcanique. Pendant plus de quarante ans, un paysan local, Pierre Philis, a collecté des fossiles et les a vendus à des musées français et suisses. Le site est devenu mondialement célèbre pour ses squelettes bien conservés d’ongulés et de carnivores, ainsi que pour les restes, rares mais remarquablement préservés, de primates et d’autres mammifères.
Il est considéré comme la faune de référence pour le Villafranchien supérieur et pour les unités biochronologiques MNQ 18 de l’évolution des mammifères européens, mais le manque de données de provenance a longtemps rendu les recherches modernes difficiles.
De 2000 à 2006, le projet franco-américain de recherche à Senèze a mené cinq campagnes majeures de fouilles pluridisciplinaires, dans le but de préciser l’âge, la stratigraphie et la taphonomie du site, ainsi que de retrouver des restes supplémentaires, en particulier ceux des taxons les moins connus.
Dans ce volume, après une présentation historique des études et un résumé des nouvelles recherches de terrain, quatre chapitres géologiques abordent les méthodes de terrain, la stratigraphie, la volcanologie et la datation. En combinant les âges obtenus par la méthode argon-argon et la calibration paléomagnétique, il a été démontré que les fossiles nouvellement recueillis datent d’entre 2,20 et 2,08 millions d’années, avec deux concentrations principales autour de 2,20–2,18 et 2,10–2,08 Ma — soit un âge nettement plus ancien que ce qui était précédemment admis.
Des chapitres consacrés à la palynologie, à l’ichtyologie et à l’ornithologie précèdent huit chapitres sur les mammifères fossiles. Le chapitre sur la biochronologie situe Senèze parmi les autres sites du début de la zone MNQ 18, estimée se terminer vers 1,7 Ma.
Parmi les quelque 2200 spécimens connus sur le site, plus de la moitié appartiennent aux cervidés, tandis que les bovidés, rhinocérotidés et équidés sont beaucoup moins représentés. D’après les données palynologiques et les préférences écologiques des mammifères les plus courants, le paléoenvironnement autour du maar de Senèze devait comprendre des zones forestières, boisées et des prairies, dans un climat probablement plus chaud et plus humide qu’aujourd’hui.
Les études taphonomiques ont révélé que les os reposaient souvent longtemps sous l’eau, ne présentaient aucun signe d’attaque de carnivores et montraient fréquemment des pathologies articulaires. Il est probable que la plupart des squelettes articulés ont été préservés sans perturbation après que de grands mammifères soient tombés dans le paléolac et s’y soient noyés, incapables d’en ressortir.


